
En marchant dans les rues froides ce matin, j'avais l'impression de ne pas être vraiment là. Comme si ma tête était un ballon de baudruche relié à mon corps par une mince ficelle.
Trop de pensées qui s'entrechoquent dans ma tête.
Et si Aïna mentait? Pourquoi je devrais faire plus confiance à un hacker qui me fait tourner en bourrique, qu'à ma petite amie??
Pourtant, les images... J'ai reconnu ses vêtements, des trucs qu'elle a acheté récemment. Mais si Aïna est capable d'infiltrer n'importe quel système informatique, pourquoi pas trafiquer des photos?
Arrivé devant le cyber-café, quelqu'un m'attendait...
On se dit au revoir, elle s'éloigne, elle ne s'est rendue compte de rien. Pourvu que ça dure...
Je l'entends balancer rageusement un tournevis.. Au moins je ne serais pas le seul à avoir une journée pourrie.
Je m'assois à mon poste. J'extrais le téléphone de Yuriko de ma poche.
Je me fais des idées. Dans deux minutes, je regretterais d'avoir douté d'elle.
J'ouvre le menu. Je cherche des textos. Un seul hier soir, de Amour, tient donc.
"courage poulette"
Pas très excitant comme découverte.
Carnet d'adresse.
Un annuaire, devrais-je dire. Je comprend qu'elle garde pas ses sms : pas assez de place sur la carte sim! 99% des prénoms de la liste me sont totalement inconnus.
Historique des appels.
Je retrouve une bonne partie des prénoms de "l'annuaire". Un prénom revient à plusieurs reprises ce mois-ci : Stéphane.
Intéressant.
Répondeur.
Une dizaine de messages archivés.
"Yuriko? C'est Stéphane. Je voulais te dire que j'ai vraiment apprécié la journée qu'on a passé ensemble... J'ai très envie de te revoir..."
"Salut, c'est Steph'. T'es libre demain après-midi? Je bosse pas, si tu veux on pourrait se voir..."
"C'est Stéphane.. Juste pour dire que tu me manques..."
Et ça continue comme ça, avec des variantes plus ou moins enflammées...

J'aurais vraiment voulu regretter d'avoir fouillé dans ses affaires.