Enfin un week-end de repos. Grasse mat' et glandouille à la maison jusque dimanche soir.
C'était mon programme, juste avant que Yuriko ne fasse irruption chez moi, à neuf heure tapante. Le programme qu'elle m'avait concocté tenait en un mot, terrible et honni : shopping.
Elle avait décidé de me rhabiller, des pieds à la tête, et pour être sûre que je ne puisse pas objecter que j'ai pas de sous à dépenser là dedans, elle me brandit sa carte american express sous le nez.
Soi-disant qu'elle en avait assez de me voir me trimballer toujours avec les mêmes fringues sur le dos. Mais mon dos n'en demande pas davantage! J'ai eu beau faire traîner le départ comme j'ai pu, rien à faire; elle était décidé à me menacer de grève du sexe si je ne cédais pas.
Allez hop, on y va, en route pour l'aventure... Enfonçons-nous dans la jungle hostile des enseignes de prêt à porter... Vu mon peu d'enthousiasme, ma petite bridée renonce bien vite à me demander mon avis, et accumule dans mes bras divers morceaux de tissus cousus auxquels j'ose à peine jeter un oeil.
Puis vient le moment critique : l'essayage....
Bon, ok, tout ce qu'elle m'apporte n'est pas si pourri que ça. Je tape des poses devant le miroir en fredonnant «Pretty woman », ça la fait rire, c'est déjà ça...
La séance de relooking n'est qu'un prétexte, je sens que cela présage de changements plus importants. Petit à petit, Yuriko envahit mon espace, elle occupe le terrain, et je ne suis pas sûr de vouloir la laisser faire....