Yuriko était restée une semaine de plus à Paris chez son grand couturier, et j'avais hâte qu'elle revienne. Les jours suivant l'interrogatoire avaient été remplis de doutes et de suspicion, mes collègues me regardaient bizarrement. Quand je rentrais, c'était en marquant le pas dans les couloirs pour signifier au voisin à coiffure de super saien qu'il devait freiner sur la ponceuse à disque. Bref, je n'aspirais qu'à retrouver un peu de tranquillité, uniquement tourmenté par les lubies rigolotes de ma fofolle kawaii...
Puis, le jour de l'emménagement d'Adam est arrivé. J'ai été réveillé à sept heures par l'invasion des déménageurs. J'ignore combien ils étaient, j'ai fui. Je suis parti une heure en avance au boulot, dans l'entrée de l'immeuble, j'ai dû slalomer entre les cartons pour atteindre la porte, maintenue ouverte par une commode en bois. J'ai pris mon petit déjeuner attablé devant mon pc.
En sortant du cyber-café, je ne suis pas repassé à l'appart. Les déménageurs amateurs doivent encore être à l'oeuvre, et je tiens pas à subir la gêne occasionnée, ni même croiser la tronche d'ahuri de mon nouveau voisin dans les couloirs. En plus il serait capable de me demander un coup de main.
Ce soir, je coucherai donc chez (et avec)Yuriko.
Elle revient de son séjour dans dix minutes, par le TGV 5922 en provenance de Paris Nord. Juste le temps d'un ptit expresso à trois euros, bon sang ils se font pas chier ici les cafetiers... Qu'importe, ce soir je vais passer une torride soirée de retrouvailles.
A suivre...