• (33) J'ai encore rêvé d'Elle...

    Il y a tant de trains qui passent dans ma tête...
    Celui de cette nuit m'emmenait dans une quête mystérieuse, suite à la lecture d'un obscure petit livre rempli de maximes philosophiques sur la vie, intitulé "Le Chemin des Roses". Un contact à la gare m'avait remis discrètement un billet aller-simple, en me spécifiant que le retour ne se ferait pas par le même itinéraire...
    Avec pour tout bagages le livre en question et quelques vêtements de rechange, je faisais route vers l'inconnu... Dans un de ces vieux trains Corail, avec les compartiments qui sont si propices à l'intimité, et à la découverte du voyageur en face de soi. Mais pour le coup, j'étais seul, et je goûtais encore une fois pleinement ce moment de solitude, appréciant le confort qui m'était offert de pouvoir étirer mes jambes et fumer en paix.

     Par la fenêtre, je redécouvrais les couleurs de la nature, comme je les voyait étant enfant, pures et vives; l'air avait un parfum de foin, de menthe, de vacances... Le parfum du soleil.. Parfois je me rapelle...

    Je descendis du train à un arrêt en pleine rase campagne, avec rien autour de moi, que la nature et les hirondelles. Le silence était à peine troublé par leur chant, qui m'a toujours fait penser au bruit d'un élastique que l'on mâchonne. Rien n'indiquait sur mon billet que je sois arrivé à destination, j'étais simplement descendu. Je marchais quelques temps au hasard, à travers champs, et c'est là que je la retrouvai.

    annifkorri.jpg

     

    Elle m'attendait, somnolente au soleil, mangeant des fraises des bois qui poussaient tout autour de son corps, et qu'elle cueillait d'un geste paresseux, en étendant simplement les bras. Sa bouche était rouge du jus des fruits. Je savais qu'elle était à la fois mon guide et ma tentatrice, et j'ignorais ce que je devais faire, lui résister ou la suivre
    Je laissais glisser le sac de mon épaule, et je me couchais à ses côtés, étourdi par une torpeur doucereuse et irrépressible. Je fermai les yeux, et je sentais sa main carresser mes cheveux et mon front, jusqu'à ce que je sombre dans un sommeil parfait et bienheureux.

    suivant.jpg

    « (32) Tapage diurneLe 100ème »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 14 Juin 2007 à 12:32
    très beau rêve, en effet...tactile, odorant, gustatif, visuel il ne manque plus que des sons et encore que le train, les oiseaux y étaient...beau rêve sensoriel... à bientôt
    2
    Jeudi 14 Juin 2007 à 12:33
    as-tu vu les images? j'ai eu un petit problème pour les insérer... je suis en train de le régler... :(
    3
    Jeudi 14 Juin 2007 à 14:29
    Quel beau rêve et quels merveilleux dessins :D
    4
    Jeudi 14 Juin 2007 à 14:59
    Peut être qu'un de ces beaux matins, en sortant de ton sommeil, tu la trouveras à côté de toi ;)
    5
    Jeudi 14 Juin 2007 à 15:23
    "j'en ai rêvé si foooort, que les draps s'en souvienneuh" :D
    6
    ff
    Jeudi 14 Juin 2007 à 15:37
    ha-haaaaaa!!! galopin! on fait des infidélités à yuriko ?! hou pas bien ça..
    7
    Jeudi 14 Juin 2007 à 15:38
    je suis très fidèle à ma moitié. quant à silvère, il n'est pas marié, après tout!^^
    8
    Jeudi 14 Juin 2007 à 17:08
    ça donen envie de voyager tout ça
    9
    Jeudi 14 Juin 2007 à 17:49
    VAAAAAAAACAAAAAAAAANNNCEEEEEES !!!
    10
    Mardi 8 Octobre 2013 à 22:14

    Grand coup de coeur pour le premier dessin. Ah ces trains où on pouvait baisser les fenêtres. Merveilleux souvenir d'une jeune ado voyageuse .

    11
    Mardi 8 Octobre 2013 à 22:16

    Eh, d'une ado voyageuse (forcément jeune). C'est ce qui arrive quand on tape, efface et retrape ses commentaires.

    12
    Mardi 8 Octobre 2013 à 22:48

    ouais, les bons vieux wagons à compartiments, c'était cool :)
    je crois que la dernière fois que j'ai voyagé dans un comme ça j'étais au lycée...

    13
    Mercredi 9 Octobre 2013 à 13:15

    Je me rappelle d'un voyage en train que j'ai fait à 17 ans de Cologne à Valence en Espagne pour voir mon correspondant . Le train s'était arrêté à la levée du soleil dans une gare dans le sud de la France. J'avais passé une nuit presque blanche justement dans un compartiment avec les sièges tirés en avant pour faire une sorte de lit. Bref, le train s'arrête et pour prendre l'air, je baisse la fenêtre et je me souviendrai toujours de cette odeur de pins qui flottait dans l'air. C'était un moment magique.

    14
    Mercredi 9 Octobre 2013 à 13:29

    c'est des moments merveilleux, oui, qu'on ne peut pas vivre dans un tgv aux fenêtres soudées et à l'air conditionné.. :)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :