• 13h : Thème 23HBD 2017 : "1, 2, 3... Explorez !"
    Contrainte : "Durant une scène, les personnages doivent communiquer par gestes".

    Bon ben, ya plus qu'à.. J'ai deux idées déjà.... Si vous voulez j'ai ouvert le tchat irc, il s'appelle #riff23hbd!

    14h10 : je commence à écrire les scènes et les dialogues. j'ai une vague idée de la fin. Le petit dort et le grand regarde un film.

    16h17 : c'est rigoureusement impossible de se concentrer. les fistons se relaient pour me tenir occupé. j'ai passé trois heures à écrire, mais je change d'idée.

    18h33 : autant vous le dire, je fais un roman-photos. et pour les deux raisons déjà sus-citées, c'est pas évident de prendre les clichés nécessaires à l'ébauche de scénario que j'ai en tête. j'ai mis l'aîné au bain, le plus jeune pionce de nouveau après son bib'.
    je tente un premier démêlage des photos prises.

    23h15 : je capitule. migraine. je me sens pas bien, et sachant que le ptit va se réveiller cette nuit, il vaut mieux que je préserve un peu mon capital sommeil. j'ai posté six planches, les premières n'y sont pas encore ni la couverture, mais je ne ferai pas mieux ce soir.

    7h02 : le biberon de 5h est passé, je commence à cogiter dans mon lit... du coup je suis descendu mettre en pratique mes nouvelles idées. j'ai refait quelques photos et j'ai réouvert 'toshop.

    9h19 : Quinze planches postées! Vais faire une pause petit-dèj...

    10h45 : Dix-huit planches postées! et une pause biberon...

    13h25 : Vingt-trois planches... Et l'histoire n'est pas tout à fait terminé... Je jure que je finirai cette BD, et j'aurai mon lapin d'argent!

    15h55 : Vingt-sept planches. Je m'arrête là. Je sors prendre l'air avec le grand, tandis que le petit dort encore...


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  • Je ne peux pas résister à l'appel du challenge.
    Même si ce weekend-là, ma Moitié bosse et que je vais me retrouver seul à gérer nos deux petiots. La probabilité que je ne finisse pas dans les temps est encore plus grande que les années précédentes. J'ai déjà pensé à l'éventualité de faire participer le plus grand, pendant que le cadet digère son biberon. On verra bien. Le plus important, c'est de trouver la technique de dessin la plus rapide et efficace par rapport à mon scénario.

    Comme les autres fois, je mettrais en route un chat sur Quakenet, si vous voulez passer m'encourager et me donner des idées, vous êtes les bienvenus.
    le tchat sera nommé #riff23h, je l'ouvrirai un peu avant 13h.

    (merci à Séleine pour la piqûre de rappel, j'aurais zappé sinon^^)


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  • Il paraît que les gens dans le coma entendent quand on leur parle.
    Moi , je n'entendais rien. J'étais... "ailleurs".
    Je sais que Marvin venait me voir presque chaque jour, seulement parce qu'il me l'a dit. Il passait au moins deux heures à me parler, en vain. J'imagine que ça l'aidait surtout à garder espoir.

    Devant le corps fracassé d'Adam, je suis mal à l'aise. ça fait bientôt une semaine que je me rends à son chevêt, et je ne trouve rien à lui dire. Son corps est connecté à toutes sortes de capteurs, de tubes, de machines. Sa tête est prisonnière d'un carcan métallique. Des bips et des bruits de ventilations rythment le silence de la pièce. L'ambiance me rappelle jusqu'à la nausée la dernière fois où j'ai vu ma mère vivante.

    Sans inspiration, je lance :
    -Mec, je t'ai jamais porté dans mon coeur, mais j'suis sincèrement navré de ce qui t'arrive.

    Je me sens ridicule.
    Je m'apprête à repartir, quand la porte de la chambre s'ouvre avant que j'ai pu en saisir la poignée. Je tombe nez à nez avec Léah.

    J'ai beau ne toujours pas être en mesure de distinguer les couleurs, je vois bien qu'elle est pâle, et ses yeux, bordés de grands cernes. Derrière elle, trois autres visiteurs : deux femmes et un homme, qui ressemble à Adam en plus vieux.

    Je bredouille un "Bonjour", mon malaise vient de monter d'un cran.
    Léah me fusille du regard. Je me sens criblé de balles. Coupant court aux présentations, elle se rue vers moi et me gifle. Le choc sec réveille dans mes sinus la douleur due au punch de Marvin.

    -Dégage, crie-t-elle, T'as rien à faire ici!!
    Je ne demande qu'à sortir, mais elle me barre le passage et me martèle de ses poings.
    -C'est ta faute, tout ça!! C'est ta faute!! répète-t-elle entre deux coups.

    Je pare comme je peux, je ne veux pas la blesser, alors je la saisis par les poignets... Elle se débat et me lance des coups de pieds.
    Une sensation de déjà-vu me traverse l'esprit.
    Enfin les trois autres sortent de leur hébétude et se précipitent pour ceinturer la petite furie aux yeux remplis de haine et de larmes. Ils la maîtrisent, elle s'effondre soudainement dans leurs bras et se met à sangloter violemment.
    Une dernière fois elle hurle "CASSE-TOI!!", l'homme me fait signe de déguerpir, je ne me fais pas prier. Tandis que je presse le pas vers l'ascenseur, les sanglots déchirants de Léah résonnent dans le couloir.

    Niveau de malaise : over 9000.


    Je passe le reste de la journée prostré sur mon lit.
    Dans la soirée, j'entends passer du monde dans le couloir.
    Des voix me parviennent dans l'appartement d'à côté. À nouveau des pleurs de Léah.
    Pour ne plus l'entendre à travers le mur, je me réfugie dans le salon.

    Une heure passe. A nouveau quelqu'un arpente le couloir, s'arrête devant ma porte, et frappe timidement.
    "Va ouvrir" me chuchote Aïna d'une voix silencieuse. Je fais la sourde oreille.
    Aïna prend alors le contrôle. Pendant quelques secondes, elle me confine dans mon souvenir refuge, et quand je refait surface, je viens d'ouvrir la porte à l'une des deux femmes qui accompagnaient Léah à l'hôpital.

    Le temps pour moi de refaire surface, elle se présente.
    -Bonsoir. Je suis la mère de Léah. Pouvons-nous discuter?
    Sa voix est douce, le ton posé. Son visage porte des stigmates de fatigue et d'inquiétude.
    -Ecoutez Madame, dis-je en soupirant, si c'est pour des reproches, j'ai eu mon comptant à l'hôpital...
    -Non, non, dit-elle en agitant les mains. Je suis désolée pour ce qui est arrivé tout à l'heure... Je veux juste vous parler.
    -Où est Léah?
    -Pour le moment, elle dort, ce qu'elle n'a pas fait depuis des jours.

    Je la fais entrer.
    -Comment elle va?
    -Physiquement, pas très fort, dit la mère en s'asseyant du bout des fesses sur le canapé. J'aurais préféré qu'elle ne voyage pas aussi tôt.
    -Elle est malade?
    -Non,
    répond la mère, Elle a fait une fausse couche. Elle a perdu beaucoup de sang, elle est encore anémiée... Je ne sais pas où elle a trouvé l'énergie de vous agresser tout à l'heure.

    Elle se frotte les tempes et poursuit :
    -Et moralement... Elle est en ruine. Une fausse couche, c'est une épreuve, mais tant qu'on a le soutient de son conjoint, on peut toujours espérer que la "prochaine fois" sera la bonne... Quand j'ai perdu mon premier mari, son père, c'était affreux à vivre mais j'ai tenu bon, pour ma fille. En l'espace d'une journée, Léah a perdu son bébé et l'homme de sa vie. Elle n'a rien à quoi se raccrocher. Et quoiqu'elle vous ait dit à l'hôpital, elle est convaincue que tout est de SA faute.

    J'ai des picotements dans la nuque.

    -Vous croyez pas que vous enterrez un peu vite Adam? J'ai passé un mois dans le coma, et j'en suis sorti avec un minimum de séquelles.

    Elle triture nerveusement un mouchoir en tissus.
    -Les médecins ne nous ont pas laissé beaucoup d'espoir, Adam est en coma profond... Il a toujours dit qu'il ne voudrait pas qu'on le maintienne en vie végétative. Et ses parents... Ses parents ne savent pas quoi faire.

    Elle essuie ses yeux embués de larmes et se lève.
    -Excusez-moi, balbutie-t-elle, les yeux rivés au parquet, je vais vous laisser... Léah... J'ose à peine la laisser seule... J'ai peur qu'elle ne commette l'irréparable.

    Je la raccompagne à la porte.
    -Vous pensez vraiment qu'elle pourrait en arriver là?
    -Le jour où Adam sera débranché...

    Elle n'achève pas sa phrase, étouffant un sanglot dans son mouchoir.
    J'ai rarement accumulé autant d'inconfort moral en une journée.

    Quand elle franchit le seuil, je tente une dernière fois de la réconforter :
    -Vous savez, mon cas aussi était désespéré. Et pourtant, me voilà.

    Elle pince les lèvres, hésite, et finalement ose me demander :

    -C'était quoi, ces séquelles dont vous avez souffert en sortant du coma?
    -Troubles de la mémoire, pour l'essentiel.
    -Et... Elle hésite encore. Vous ne vous souvenez vraiment pas d'avoir croisé Léah, quand vous étiez enfant?
    -Non. Pas le moindre souvenir. Je vous jure. Et ça m'ennuie beaucoup, croyez-moi.

    Elle me regarde avec un sourire triste, et dans un geste maternel, pose sa main sur ma joue.
    -Merci, dit-elle simplement, et elle prend congé.

    Je retourne me mettre en PLS sur le canapé.




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