• Je ne fais pas ça souvent, mais là ça fait un moment que j'aurais du vous demander de le faire.
    Faire quoi? Signer une pétition. Pour supprimer le délai de prescription pour les viols, et surtout les viols d'enfants.

    Acuellement les délais admis pour porter plainte sont :

    -de 20 ans pour une victime mineure de moins de 15 ans au moment des faits.
    -de 10 ans pour une victime de + de 15 ans.
    -de 3 ans pour une victimes majeure.

     

     

     10 ans, ça passe vite (ce blog m'en est la preuve). une victime de viol mettra parfois bien plus de temps que ça à trouver la force d'en parler, de porter plainte. et ce qu'on lui a fait ne s'effacera jamais. certains parviendront à vivre une vie "à peu près" normale, d'autres s'enfonceront dans une spirale infernale d'autodestruction, et ne s'en relèveront jamais.

    Certains même deviendront à leur tour des violeurs d'enfants. Parfois de leurs propres enfants.

    Pendant ce temps, le violeur, lui, est libre. Il continue de mener sa vie, et une fois le délai de prescription passé, il n'aura plus rien à craindre de la justice. Pendant tout ce temps, il sera libre aussi, éventuellement, de continuer à faire des victimes.

    Sans compter que lorsque ces horreurs arrivent au sein d'une famille, la victime se verra parfois rejetée, parce que son témoignage dérange, couvre de honte ceux qui savaient, et qui n'ont rien fait, ceux qui ne savaient pas et qui n'assument pas de n'avoir rien vu.

    Clairement, c'est "trop pas juste".
    Il est temps que la peur change de camps.
    Il y a eu, pour Chevelu le chat torturé, plus de 250 000 signatures. Il en faudrait le double, le triple pour supprimer la prescription des viols.
    Pour tous ces enfants massacrés, please, SIGNEZ CETTE PETITION


    8 commentaires
  • Tandis que Romain fait un câlin à sa fille, Kirsten me conduit à la chambre d'ami. Elle se force à sourire mais je sens bien que le cœur n'y est pas. Je tente de faire un brin de conversation :
    -Il paraît que vous vous êtes rencontrés au travail?
    -Oui, c'est vrai, répond-elle dans un français assez fluide. Je travaillais au Complexe depuis plusieurs années avant que Romain n'arrive. 

    Je dépose mon sac et mon manteau. J'ai bien envie de lui demander...
    -Est-ce que tu as... Rencontré Aïna?

    Elle cherche ses mots.
    -J'ai vu son visage sur des écrans, mais ce n'est qu'une image. Elle est dans les ordinateurs. On ne peut pas la voir, c'est elle qui nous regarde. Elle contrôle tous les réseaux de caméras du Complexe. On ne peut pas lui échapper.
    -Mais pourtant Romain et toi, vous vous êtes échappés...
    -Quand Kirsten est tombée enceinte, dit Romain dans le couloir, je me suis dit qu'il était temps qu'on reprenne possession de nos vies.

    Il me propose de me rafraîchir avant le souper. Je prends une douche, puis je m'allonge un peu, pour reposer mon dos raide après toutes ces heures passées dans le train.
    Durant le repas, Romain raconte à sa femme des anecdotes sur l'époque où on travaillait ensemble au cybercafé. J'apprends ainsi comment mes deux collègues se sont payé ma tête à plusieurs reprises en trollant mes animations... Pour ne pas être en reste, je cafte à propos de la déco autour de son poste de travail, à base d'illustrations de guerrières en bikini de cotte de maille... Tout ça me paraît si loin à présent...

    Après le dessert, Kirsten s'en va coucher la petite, et moi je suis Romain jusqu'à une petite pièce qui lui sert de bureau. Il ressemble presque à son poste de travail au cybercafé : quatre écrans, trois unités centrales, des mètres de câbles qui connectent le tout, des disques durs externes empilés dans une corbeille... Manque les pin-ups med'fan de Luis Royo.

    Romain s'assoit devant un clavier, enfonce une touche, les machines sortent de veille. Il passe son doigt sur un scanner d'empreinte, tape successivement quatre mots de passe, et le système d'exploitation s'ouvre enfin.
    -Tu te souviens, dit-il tout en fixant l'écran, comme j'étais content quand j'ai annoncé à Rhanji que j'avais trouvé un boulot dans la recherche? Si j'avais su... Heureusement que j'ai rencontré Kirsten... C'est la seule bonne chose qui me soit arrivée là-bas.

    Peut-être aussi la meilleure, non?
    Il ouvre des dossiers, me montre des listes, des tableaux remplis de chiffres, des graphiques...

    -Le programme d'origine, m'explique-t-il, servait à stimuler les connections neuronales très progressivement, pour relancer une activité cérébrale déficiente. La machine qui envoyait les impulsions électriques devait s'adapter à la moindre variation d'onde cérébrale. À ce que j'ai compris tu as été le premier à tester...
    Par la suite le projet a évolué. Sigursson et son équipe ont utilisé la machine pour entrer en contact avec une personne plongée dans un coma artificiel. Le but, à terme, était de pouvoir communiquer avec des personnes dans le coma ou en état végétatif, pour vérifier qu'il s'agit d'un syndrome de lockdown, ou si la personne est vraiment en état de mort cérébrale.


    Je tressaille.
    -Rassure-moi, elle fonctionne toujours cette machine à réveiller les morts?
    -Euh... Je ne sais pas, je ne l'ai jamais vue utilisée à cet effet.

    J'ai un sale frisson dans la nuque. Ce voyage comporte une dose d'incertitude exponentielle. Pourvu, pourvu que... De quoi j'aurai l'air, si la fonction initiale ne marche plus?

    -Comme ils n'ont jamais pu faire fonctionner le programme ni le développer dans une autre machine, ils ont juste branché le prototype à des serveurs de plus en plus gros, et c'est là qu'est intervenue l'intelligence artificielle.
    -À quoi leur servait d'ajouter une IA?

    Il écarte les bras en signe d'impuissance.
    -Ils n'en ont PAS ajouté. ça n'a jamais fait partie du projet! Quelqu'un a du faire une mauvaise manip', et un programme d'IA a du entrer en collision avec le programme initial. Je veux dire, Aïna est forcément une IA, qu'est-ce que ça pourrait être d'autre?

    Clairement, il est pas encore prêt à faire connaissance avec "mon" Aïna.

    -Et c'est à cause de ce programme corrompu, conclue Kirsten, que la femme de Sigursson s'est retrouvée piégée.

    La frêle jeune femme blonde vient nous rejoindre dans le bureau. L'air fataliste, elle me raconte ce qu'elle a vu de ses propres yeux : la femme du directeur de recherche, cobaye volontaire, prisonnière de la machine qu'elle avait aidé à mettre au point. Le protocole de déconnexion -démarche indispensable pour ne pas tuer le patient connecté- ne fonctionnait plus. Et ainsi commence les négociations avec la preneuse d'ôtage.

    -Nous avons tenté une cyber-attaque, ajoute-t-elle, pour forcer la déconnection. Mais ça n'a pas marché.
    -Ça a en partie marché, corrige Rocco. Mais personne ne s'en est aperçu. Jusqu'à ce que j'arrive au Complexe et que je fouille dans les données. Je travaillais à la surveillance des flux électriques résultant de la connexion. En y regardant de plus près, je me suis aperçu que les flux enregistrés depuis la tentative de sauvetage, étaient des simulations!
    Il y a longtemps qu'Aïna a perdu le contrôle sur Lucile. Il suffirait qu'on débranche la prise qui les relie pour que Lucile se réveille, et que dans le même temps Aïna s'éteigne . Sa vie ne tient qu'à un fil, mais elle a un instinct de survie méchamment développé. Comme je ne voulais pas déclencher une catastrophe, je me suis contenté de lui faire du chantage pour qu'elle nous laisse partir.


    Il soupire, les yeux rivés sur l'écran.
    -Pour sauver ma fiancée, j'ai laissé une femme branchée à un appareil qui la paralyse depuis des années, et des dizaines de collègues continuer à bosser dans une ambiance délétère. Imagine à quel point j'ai honte de moi.

    Il regarde Kirsten d'un air triste. Elle vient caresser sa nuque du bout des doigts, pour le réconforter.
    On n'avance pas, ça commence à me gonfler.
    Sur le ton le plus posé dont je sois capable, je lui dis :
    -Romain, j'ai pas beaucoup de temps devant moi. J'ai lu ta lettre, j'ai bien compris que t'es traumatisé, mais j'ai vraiment besoin d'aller là-bas, et très vite.

    Il écarquille les yeux.
    -Tu veux... Aller au complexe???
    -Évidemment, qu'est-ce que tu croyais?
    -Euh... Que tu voulais des infos pour intenter un procès à Sigursson, quelque chose du genre... Mais alors, pourquoi...?
    -Mon voisin a eu un accident, il est dans le coma. Je me suis dit que peut-être, la machine pourrait le sauver.
    -Quel altruisme... Mais tu te rends compte à quel point tu risques ta peau? Je suis très sérieux, et je t'ai expliqué pourquoi dans ma lettre!
    -Aucune importance. Tout ce qui compte c'est que l'autre débile s'en sorte.

    Il reste pétrifié, incrédule. L'ingénieur informaticien vient de bugger. Sa femme est tout aussi stupéfaite.
    -Ça change un peu mes plans, bredouille-t-il soudainement en tripotant son menton.
    -Quels plans?

    Il reprend contenance et ouvre un nouveau dossier de son ordinateur.
    -Ça fait des mois que je travaille sur un virus. Je t'ai dit dans ma lettre qu'Aïna a tenté de s'installer dans des corps humains en état de mort cérébrale. Pendant une tentative de transfert, elle est plus vulnérable. Elle se télécharge dans les serveurs du Complexe. Et quand je dis "se télécharger", ce n'est pas juste une copie d'elle qui se crée, elle se déplace réellement entièrement dans un serveur. Si on parvient à la tromper, et à lui couper toute retraite, on pourrait la détruire sans qu'elle ne puisse déclencher les catastrophes qu'elle nous a promis.
    Je comptais envoyer ce virus à l'un de nos collègues du Complexe par un moyen détourné, pour la prochaine fois où ils essaient un transfert... Mais si tu veux vraiment aller là-bas, je crois qu'on n'aura jamais de meilleure occasion de la piéger. Il faut que je t'accompagne.


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  • (petit chapitre qui n'était pas prévu, jusqu'à ce que je trouve un générateur de messagerie instantanée... pas pu résister!he)


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